Guinée

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Au fil des ans, la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) a surveillé et rendu compte des violations de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, ainsi que d’autres développements en Guinée. La MFWA a également aidé les journalistes attaqués à demander réparation. Actuellement, le travail de la MFWA en Guinée s’effectue en collaboration avec l’organisation nationale partenaire, l’Association Guinéenne des Éditeurs de Presse Indépendants (AGEPI).

À l’avenir, les projets et activités en Guinée viseront à améliorer la sécurité des journalistes dans le pays en renforçant les relations entre les médias et les agents de sécurité, en particulier la police. La MFWA collaborera également avec son partenaire, l’AGEPI, pour promouvoir la liberté sur internet dans le pays tout en surveillant et en rendant compte de l’évolution de la liberté de la presse et de la liberté d’expression (en ligne et hors ligne).

À propos de la Guinée

La Guinée a obtenu son indépendance de la France le 2 octobre 1958. De 2000 à 2010, le pays a connu une instabilité politique du fait des incursions des rebelles et de la prise du pouvoir par l’armée. Le pays a retrouvé son autorité civile en 2010. En 2014, le pays a été frappé par une épidémie d’Ebola faisant de nombreuses victimes. La bauxite est l’une des principaux produits d’exportation du pays. La Guinée exporte également des bananes, des arachides, du café, des ananas et de l’huile de palme.

Aperçu de l’environnement des médias et de la liberté d’expression 

Des lois restrictives sur les médias, l’interférence du gouvernement, l’intimidation, la violence physique et l’absence de moyens financiers sont autant de difficultés présentes dans l’environnement des médias en Guinée. La violence contre journaliste est devenue chose courante en 2009 et en 2010 durant la période de transition démocratique. Plusieurs journalistes ont fui le pays et certains médias privés ont suspendu leurs activités temporairement, à cause de la peur d’accusations.

Le nombre de violations de la liberté de la presse et de la liberté d’expression dans le pays reste relativement élevé. Entre 2014 et 2018, le nombre de violations commises en Guinée n’était arrivé qu’au troisième rang après le Nigéria et le Ghana. Les journalistes sont souvent soumis à des attaques physiques, à des arrestations, à des suspensions de la part du régulateur des médias et à des actes d’intimidation de la part de membres de partis politiques.

Malgré la dureté de la liberté de la presse et l’environnement rude à la liberté d’expression, le pays a enregistré l’une des décisions de justice les plus importantes : le 12 novembre 2014, le tribunal de Kaloum en Guinée a condamné le sergent d’état-major Abdoulaye Diallo à huit mois de prison pour avoir agressé le journaliste radio David Tchopn Bangoura lors d’une marche pacifique organisée en septembre de la même année. En plus de l’emprisonnement, l’agent de sécurité a été condamné à verser une amende de 10 millions de francs guinéens (1 400 USD) et à une interdiction de porter des armes pendant cinq ans.

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a été créée comme organe de régulation du secteur en remplacement du Conseil National de la Communication. La HAC vise à mieux représenter les intérêts des médias.

Cadre juridique de la règlementation des médias

La liberté de la presse est garantie par la Constitution guinéenne de 2010, pourtant les attaques contre les journalistes et les organes de presse persistent. En 2016, le pays a adopté un nouveau Code Pénal qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour diffamation ou insulte de personnalités publiques. Une loi sur la cyber-sécurité a été adoptée en 2016 criminalisant des infractions similaires en ligne, en plus de la diffusion de fausses informations ou d’informations protégées pour des raisons de sécurité nationale, ou des informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique ou à la dignité humaine.