La Gambie

Gambia

La Gambie fait partie des pays qui ont retenu beaucoup l’attention de la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), en particulier au cours des 22 années de dictature de l’ancien président Yahya Jammeh durant lesquelles le respect et la protection de la liberté d’expression et de la presse étaient au plus bas. Le travail de la MFWA dans le pays a largement contribué à l’amélioration de son paysage médiatique.

Projets et activités de la MFWA

La MFWA surveille et signale les violations de la liberté de la presse et de la liberté d’expression dans le pays depuis sa création.

L’organisation a également plaidé deux affaires distinctes de violation du droit à la liberté d’expression contre le gouvernement gambien devant la Cour de Justice de la Communauté de la CEDEAO. Les poursuites ont été engagées au nom de deux journalistes gambiens – Ebrima Manneh, porté disparu depuis 2006, et Musa Saidykhan, qui a été torturé par des agents de sécurité gambien et a dû fuir le pays pour assurer sa sécurité.

La Cour de la CEDEAO a rendu des jugements en faveur des deux victimes en 2008 et 2010 respectivement, mais le gouvernement Yahya Jammeh a refusé de se conformer à ces deux jugements jusqu’à son élection. La MFWA a poursuivi ses activités de plaidoyer et engagé le nouveau gouvernement dirigé par le président Adama Barrow.

En juin 2018, le nouveau gouvernement gambien a versé 50% des compensations aux familles d’Ebrimah Manneh et Deyda Hydara, ancienne rédactrice en chef du journal The Point assassinée en décembre 2004. L’indemnisation de Musa Saidykhan est en cours de négociation entre le journaliste et le gouvernement.

La MFWA a également travaillé avec l’organisation nationale partenaire, la Gambia Press Union (GPU), pour élaborer un cadre stratégique global pour une réforme et un développement à long terme du secteur des médias en Gambie.

La MFWA continuera à travailler avec son partenaire, le GPU, pour surveiller et rendre compte de tous les développements de la liberté de la presse et d’expression dans le pays. Les deux organisations collaborent également avec d’autres parties prenantes pour veiller à la mise en œuvre du cadre stratégique afin de renforcer les médias et soutenir la consolidation démocratique du pays.

À propos de la Gambie

La Gambie, ancienne colonie de la Grande Bretagne, est devenue indépendante le 18 février 1965. Elle est le plus petit pays d’Afrique continentale. Banjul est la capitale et l’anglais est sa langue officielle. L’économie du pays est dominée par l’agriculture, la pêche et le tourisme.

Aperçu de l’environnement des médias et de la liberté d’expression 

La Gambie figure parmi nombre de pays africains où les droits des médias sont réprimés par le gouvernement qui impose continuellement des restrictions sur les activités des bloggeurs, journalistes et défenseurs des droits humains.

Durant la gouvernance de Yahya Jammeh, la Gambie était considérée comme l’un des pires pays d’Afrique de l’Ouest pour la pratique du journalisme et de la défense des droits de l’homme : de nombreux professionnels des médias et dissidents ont été arrêtés, torturés et/ou emprisonnés.

Après un transfert de pouvoir réussi, le gouvernement actuel, dirigé par le Président Adama Barrow a contribué à des améliorations significatives du paysage médiatique. Parmi celles-ci, il convient de mentionner la décision de la Cour Suprême du pays déclarant inconstitutionnelle la loi sur les fausses publications sur Internet. La décision a ordonné au gouvernement gambien d’abroger les lois répressives. Ces développements positifs faisaient suite à une action civile intentée par l’organisation partenaire de la MFWA, la Gambia Press Union (GPU).

La Cour a également jugé que les articles 178, 179 et 180 du Code Pénal gambien qui pénalisent la diffamation sont « incompatibles avec la garantie constitutionnelle de la liberté d’expression et la liberté de la presse et des médias », ajoutant que les restrictions sont inutiles dans une société démocratique.

L’ancienne Agence Nationale de Renseignement (NIA), utilisée pour terroriser les journalistes et autres critiques du pouvoir, s’est vu confier un nouveau mandat et a été renommée Service de Renseignement de l’État. Certains des anciens responsables de la NIA ont été arrêtés pour leurs rôles dans des violations des droits de l’homme commises dans le passé.

Malgré l’amélioration de la liberté de la presse et des conditions de la liberté d’expression dans le pays, les médias sont toujours confrontés à des droits de licence élevés pour les journaux et les stations de radio. Les médias ont également des coûts opérationnels élevés dus à des taxes prohibitives. La Gambia Press Union, organisation nationale partenaire de la MFWA, reste l’un des acteurs les plus influents du paysage médiatique gambien.

 Cadre juridique de la règlementation des médias

Le principal cadre de règlementation des médias est la loi portant sur l’Infrastructure Nationale d’Information et de Communication (NICI) de 2004. Également en vigueur la loi votée en 2002 a créé une commission bénéficiant du pouvoir d’accorder les permis et de sanctionner les journalistes fautifs. La diffamation peut toujours être poursuivie au pénale. En 2004, une loi a été votée supprimant les licences de la presse écrite et audio-visuelle aux dépens des organes des médias qui étaient obligés de de réenregistrer pour un prix cinq fois plus élevé que l’original.