Burkina Faso

Burkina Faso

Comme dans tous les autres pays de la région, la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) a toujours maintenu une surveillance étroite du respect de la liberté d’expression au Burkina Faso, et ce depuis près de deux décennies. Avec le soutien de ses partenaires, la MFWA a lancé le Festival Panafricain du Film et de la Télévision (FESPACO) organisé dans la capitale burkinabée, Ouagadougou. En dix ans, FESPACO est devenu un évènement continental incontournable sur la liberté d’expression.

Au cours des trois dernières années, la MFWA a collaboré avec plusieurs partenaires locaux dans le pays, en particulier son organisation nationale partenaire, le Centre National de la Presse – Norbert Zongo (CNP-NZ), et d’autres groupes de la société civile, dans le but de réformer les lois restreignant les droits des médias et la liberté d’expression dans le pays.

Après l’éviction de Blaise Compaoré en 2014, le gouvernement de transition s’est heureusement engagé dans un certain nombre de réformes dès 2015 :

  • La dépénalisation de la diffamation et approbation de lois destinées à améliorer la condition des femmes ;
  • L’adoption de la loi sur le droit d’accès à l’information (loi n° 051-2015 / CNT), même si la législation visant à la rendre opérationnelle reste encore à être adoptée;
  • La réactivation des enquêtes sur le meurtre du journaliste Norbert Zongo et d’autres victimes, affaires dans lesquelles des personnes de haut rang, affiliées à Compaoré seraient impliquées.

À partir du troisième trimestre de 2016 et dans le cadre de ses efforts axés sur le développement des médias pour une gouvernance participative et responsable, un projet intitulé « Sensibilisation des citoyens aux protocoles et cadres de la CEDEAO sur la bonne gouvernance et la redistribution économique » a été mis en place par la MFWA dans quatre pays, dont le Burkina Faso. Le projet a renforcé la capacité des médias à sensibiliser le public au protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance (PDGG) dans la région. Dans le cadre de ce projet, la MFWA, en collaboration avec l’organisation nationale partenaire, le CNP-NZ, a mis en œuvre un certain nombre d’activité, notamment des séminaires et un soutien aux journalistes afin de produire des reportages qui examinent l’application du PDGG au Burkina Faso.

La MFWA collabore également avec le CNP-NZ et d’autres acteurs locaux pour mettre en œuvre un projet intitulé « Renforcer la participation du public et la demande de redevabilité par le biais de plateformes de dialogue efficaces sur les médias et la gouvernance ». Le projet vise à améliorer les engagements des citoyens et des autorités en matière de transparence et de responsabilité.

La MFWA continuera de travailler avec le CNP-NZ pour promouvoir la liberté de la presse et la liberté d’expression en ligne et hors ligne. Notre travail dans le pays visera également à renforcer les médias du pays et d’autres acteurs locaux afin d’approfondir leur capacité à contribuer à une gouvernance démocratiques plus participative et plus responsable du pays.

À propos du Burkina Faso

Le Burkina Faso, autrefois appelé la Haute Volta, est limité au nord par le Mali, à l’est par le Niger, au sud par le Ghana et le Togo, et au sud-ouest par le Benin et la Côte d’Ivoire. Ancienne colonie française, le Burkina Faso est devenu indépendante en 1960, et sa capitale est Ouagadougou. Le Burkina Faso est un pays enclavé avec une population estimée à 15.75 millions dont la majorité vie de l’agriculture de subsistance. Le pays a subi un certain nombre de sécheresses et d’insurrections récurrentes.

Aperçu de l’environnement des médias et de la liberté d’expression 

Depuis le début des années 1990, la démocratisation a donné la possibilité aux Burkinabés de jouir d’une certaine liberté d’exercer le métier de journalistes et a favorisé la rapide croissance de l’industrie des médias. Cependant, les chiffres de diffusion restent relativement faibles, les difficultés structurelles persistent et la faiblesse du marché publicitaire continuent de nuire à la rentabilité commerciale de l’industrie des médias. Il y a par ailleurs des préoccupations au niveau de l’éthique, le salaire bas et la qualité de la formation professionnelle.

La Constitution du Burkina Faso garantit la liberté d’expression et de la presse. Cependant, le gouvernement impose des restrictions à ces droits, et les agents de sécurité de l’État commettent souvent des actes d’intimidation contre les journalistes.

Le Conseil Supérieur de Communication (CSC) est actuellement l’institution qui règlemente les media, l’information et la communication. Il a succédé au Conseil Supérieur de l’information (CSI), établit en 1995 par Décret No. 95-304/PRES/PM/MCC d’aout 1995.

Cadre juridique de la règlementation des médias

Le paysage médiatique burkinabé est régi par les lois suivantes :

  • Loi 56/93/ADP (JON n°05/1994) du Code de l’Information ;
  • Article 8 de la Constitution et du Code de l’Information de 1993 ;
  • Article 49 du Code de l’Information.