HomeGhana

Ghana

La Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) est née au Ghana en mars 1997. Dès lors, l’organisation opère depuis Accra, la capitale du Ghana. Les travaux de la MFWA au Ghana ont été axés sur la liberté de la presse, la liberté d’expression et le développement des médias.

Par son travail en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, la MFWA a contribué à la réalisation des médias indépendants et pluralistes, mais aussi à la création d’un environnement favorable à la libre expression. L’activité de l’organisation s’est étendue aux questions d’expression en ligne. Ainsi, la MFWA s’emploie également à promouvoir la liberté de l’internet au Ghana dans le but de rendre l’internet ouvert, sécurisé, accessible et abordable pour tous.

Le travail de développement des médias de l’organisation a également contribué à renforcer la capacité des médias à être des agents efficaces d’une gouvernance participative et responsable, en particulier au niveau de la gouvernance locale.

Projets et activités de la MFWA

Les projets et activités spécifiques entreprises par la MFWA sur les questions de liberté de la presse et de la liberté d’expression au Ghana comprennent :

  • La promotion et protection de la liberté de la presse et de la liberté d’expression (en ligne et hors ligne) ;
  • La promotion de la sécurité des journalistes et la lutte contre l’impunité des crimes commis contre des journalistes ;
  • La promotion de la liberté sur internet au Ghana ;
  • Le projet numérique d’habilitation des jeunes ;
  • La promotion des droits des femmes en ligne au Ghana ;
  • La promotion de la cyber sécurité pour une meilleure protection des droits de l’homme en ligne au Ghana.

D’autres activités spécifiques organisées dans le cadre de projets comprennent le contrôle et le compte rendu des violations de la liberté d’expression en ligne et hors ligne et plaidoyer en faveur des réparations ; des interactions directes avec le gouvernement et d’autres acteurs essentiels de l’écosystème des médias et d’internet ; organisation de forums pour présenter et disséminer les résultats de publications sur la liberté d’Internet ; des ateliers de renforcement des capacités ont également été organisés ; publication de bulletins politiques and rapports périodiques sur la liberté d’expression.

Parmi les projets et activités spécifiques menés par la MFWA pour développer et renforcer les médias afin qu’ils puissent s’acquitter de leur mandat. On peut notamment citer :

  • Améliorer la durabilité des médias au Ghana grâce au renforcement des capacités institutionnelles ;
  • Promotion des reportages sur le développement et du journalisme d’investigation au Ghana ;
  • Réseau Journalisme pour le Changement (J4C) ;
  • Intégration des ODD dans les reportages journalistiques sur le développement ;
  • Promotion de l’engagement des citoyens dans la gouvernance locale au Ghana ;
  • Promotion des médias libres, indépendants et de qualité grâce au partage d’expériences et au renforcement des capacités ;
  • Promotion des normes professionnelles et renforcement du rôle de garde-fou des médias ghanéens ;
  • Promotion d’une campagne électorale respectant un langage décent et basée sur la résolution de problèmes en vue de l’organisation d’élections pacifiques au Ghana.

Parmi les activités spécifiques menées dans le cadre de ces projets, citons les ateliers de renforcement des capacités des journalistes et des institutions médiatiques, la rédaction de notes de synthèses, les assemblées publiques destinées à faciliter l’échange entre les citoyens et les autorités, les programmes radiophoniques institutionnalisés sur la gouvernance locales et les émissions diffusées par quartiers, ainsi que le développement de stratégies de communication pour certaines assemblées locales afin de faciliter la divulgation proactive d’informations.

La MFWA s’est activement impliquée dans le plaidoyer en faveur de l’adoption de la loi sur le droit à l’information avec le consentement du Président Akufo-Addo le 21 Mai 2019. La MFWA, à travers ses propres initiatives et activités au sein de la Coalition Ghanéenne pour le Droit à l’Information, préconise la bonne application de la loi.

La MFWA a déjà organisé à Accra à deux reprises la Conférence et le Prix des Médias d’Afrique de l’Ouest (WAMECA), une initiative visant à récompenser et à inspirer l’excellence du journalisme en Afrique.

À propos du Ghana

Le Ghana, ancienne colonie britannique, a accédé à son indépendance le 6 mars 1957. Le pays est limité au nord par le Burkina Faso, à l’ouest par la Côte d’Ivoire, à l’est par le Togo, et au sud par le Golfe de Guinée. La capitale du Ghana, Accra, abrite le siège de la MFWA.

Aperçu de l’environnement des médias et de la liberté d’expression 

Malgré une histoire postcoloniale très tourmentée, marquée par de nombreux coups d’état militaire, le Ghana est compté, depuis 1993, parmi les pays africains les plus stables et démocratiques.

Le chapitre 12 de la Constitution ghanéenne de 1992 garantit la liberté et l’indépendance des médias. L’article 162 alinéa 3 de la Constitution déclare ainsi : « il n’y aura aucune entrave à la création d’une presse ou d’un média privé ; et notamment, il n’y aura aucune loi exigeant l’obtention d’une licence comme condition préalable à l’exploitation d’un média ; d’un journal, d’un magazine, et d’autres voies d’information et de communication de masse ». Cet article constitutionnel reflète la situation sur le terrain car le Ghana jouit d’un des environnements médiatiques les plus libres dans le monde.

L’environnement des médias au Ghana est dynamique, pluraliste et libre avec un organe de régulation national indépendant : la Commission Nationale des Médias (NMC). Il y a, quand même, des préoccupations en ce qui concerne le manque de professionnalisme et le parti pris au sein des médias. L’internet et l’usage du téléphone mobile sont très répandus, ce qui a pour effet la banalisation des médias en ligne et les services de téléphonie mobile.

Cadre juridique de la règlementation des médias

Bien que la Constitution reconnaisse, à l’Article 21, l’importance de la libre expression, y compris l’échange des idées, des interactions ainsi que le respect de l’opinion diverse ; et malgré la suppression de la Loi Pénale sur la Diffamation en 2001, l’article 208 du Code Pénale de 1960 comporte des dispositions hostiles à la liberté d’expression. Concrètement, on peut signaler les dispositions suivantes qui ont été invoquées récemment par des agents de sécurité pour intimider et harceler des journalistes :

  • Toute personne qui publie ou reproduit une déclaration, rumeur ou rapport susceptible de semer la crainte et la panique au sein de la population, ou de perturber l’ordre public, tout en sachant ou ayant motif raisonnable de croire que la déclaration, rumeur ou rapport étaient faux, est coupable d’un délit.
  • Ne constitue pas un moyen de défense pour un contrevenant accusé en vertu du paragraphe (1), qu’il ne savait pas, ou n’avait aucun motif raisonnable de croire que la déclaration, rumeur ou rapport étaient faux, à moins qu’il ne prouve qu’il ait pris toutes les mesures pour établir la véracité de la déclaration, rumeur ou rapport avant de les publier.

Les deux principales institutions de régulation des médias au Ghana sont la Commission Nationale des Médias (NMC) qui surveillent le contenu médiatique et l’Autorité Nationale pour la Communication (NCA) qui est chargée de l’attribution et du contrôle des fréquences, ainsi que la mise en place des infrastructures de la communication.

La NMC a été créée en 1993 conformément à l’article 166 -173 de la Constitution de 1992 et a pour responsabilité la surveillance des médias afin de promouvoir et de sauvegarder leur liberté et leur indépendance, mais aussi d’inspirer l’exercice du métier des médias d’une manière responsable, d’enquêter sur les plaintes déposées contre les médias et d’agir en médiateur pour régler les plaintes. La NMC est constituée de 18 membres issus d’un large éventail de professionnels des médias et d’autres groupes de parties prenantes d’une manière à assurer sa neutralité, et à l’isoler d’une éventuelle manipulation du gouvernement.

L’Autorité Nationale pour la Communication (NCA) par contre, a été établie par loi du Parlement (Acte 524) du 30 décembre, 1996, pour promouvoir le pluralisme des médias, superviser l’attribution, la gestion et l’utilisation du spectre des fréquences du pays. Elle a pour mission aussi de réguler les services de communication à travers le pays.