Ghana

GhanaLe Ghana, ancienne colonie de la Grande Bretagne, a accédé à son indépendance le 6 mars 1957. Il est limité au nord par le Burkina Faso, à l’ouest par la Côte d’Ivoire, à l’est par le  Togo, et au sud par le Golfe de Guinée. La capitale du Ghana, Accra, abrite le siège de la MFWA

Malgré une histoire postcoloniale très tourmentée, marquée par de nombreux coups d’état militaire, le Ghana est compté, depuis 1993, parmi les pays africains les plus stables et démocratiques.

Le chapitre 12 de la Constitution ghanéenne de 1992 garantit la liberté et l’indépendance des médias. L’article 162 alinéa 3 de la Constitution déclare ainsi : « il n’y aura aucune entrave à la création d’une presse ou d’un média privé ; et notamment, il n’y aura aucune loi exigeant l’obtention d’une licence comme condition préalable à l’exploitation d’un média ; d’un journal, d’un magazine, et d’autres voies d’information et de communication de masse. »

L’environnement des médias au Ghana est dynamique, pluraliste et libre avec un organe de régulation national indépendant ; la Commission Nationale des Médias. Il y a, quand même, des préoccupations en ce qui concerne le manque de professionnalisme et le parti pris au sein des médias. L’internet et l’usage du téléphone mobile sont très répandus, ce qui a pour effet la banalisation des médias en ligne et les services de téléphonie mobile.

Cadre Juridique De l’Opération des Médias

Bien que la Constitution reconnaisse, à l’Article 21 l’importance de la libre expression, y compris l’échange des idées, d’interaction ainsi que le respect de l’opinion diverse; et malgré la suppression de la Loi Pénale sur la Diffamation en 2001, l’article 208 du Code Pénale de 1960 comporte des dispositions hostiles à la liberté d’expression. Concrètement, on peut signaler les dispositions suivantes sous l’article 208 qui ont été invoquées récemment par les agents de sécurité pour intimider et harceler les journalistes:

(1) Toute personne qui publie ou reproduit une déclaration, rumeur ou rapport susceptible de semer la crainte et la panique au sein de la population, ou de perturber l’ordre public, tout en sachant ou ayant motif raisonnable de croire que la déclaration, rumeur ou rapport étaient faux, est coupable d’un délit.

(2) Ne constitue pas un moyen de défense pour un contrevenant accusé en vertu du paragraphe (1), qu’il ne savait pas, ou n’avait aucun motif raisonnable de croire que la déclaration, rumeur ou rapport étaient faux, à moins qu’il ne prouve qu’il a pris toutes les mesures pour établir la véracité de la déclaration, rumeur ou rapport avant de les publier.

Les deux principales institutions de régulation des média au Ghana sont la Commission Nationale des Médias (NMC) qui surveillent le contenu médiatique et l’Autorité Nationale pour la Communication (NCA) qui est chargée de l’attribution et du contrôle des fréquences, ainsi que la mise en place des infrastructures de la communication.

La NMC a été créée en 1993 conformément à l’article 166 -173 de la Constitution de 1992 et pour responsabilité la surveillance des médias afin de promouvoir et de sauvegarder sa liberté et son indépendance, mais aussi d’inspirer l’exercice du métier des médias d’une manière responsable, d’enquêter sur les plaintes déposées contre les médias et d’agir en médiateur pour régler les plaintes. La NMC est constituée de 18 membres issus d’un large éventail de professionnels des médias et d’autres groupes de parties prenantes d’une manière à assurer sa neutralité, et à l’isoler d’une éventuelle manipulation du gouvernement.

L’Autorité Nationale pour la Communication (NCA) par contre, a été établie par loi du Parlement (Acte 524) du 30 décembre, 1996, pour promouvoir le pluralisme des medias, superviser l’attribution, la gestion et l’utilisation du spectre des fréquences du pays ; elle a pour mission aussi de réguler les services de communication à travers le pays.

Le Travail de la MFWA au Ghana

Pendant les 15 dernières années, la MFWA a contribué à la réalisation des médias indépendants et pluralistes, mais aussi à la création d’un environnement favorable à la libre expression. En marge de ceci, la MFWA, depuis les quatre dernières années,  a consacré ses efforts au renforcement des médias, en vue de les rendre plus efficaces en tant qu’agents de gouvernance participative, notamment au niveau communal. Nous faisons actuellement des interventions qui exploitent les médias d’une manière stratégique  pour promouvoir les droits des femmes et d’autres groupes marginalisés.

La MFWA est actuellement engagée dans un projet de promotion de droits de l’internet au Ghana avec pour objectif de faire de l’internet une ressource  ouverte, accessible, et abordable à tous. A cet effet, la MFWA a su mobiliser une trentaine de groupes de la société civile réunis au sein d’une coalition pour la liberté de l’internet. Elle a également noué un partenariat avec les parties prenantes gouvernementales et non-gouvernementales détentrices d’influence, afin de faire de l’internet un  facteur majeur du développement socio-économique et politique du Ghana.

En tant que membre du Comité de travail de la Plateforme Africaine sur l’Accès à l’Information, et membre important d’African Freedom of Information Centre (AFIC), (Centre africain pour la Liberté d’Expression), la MFWA est très active dans la campagne en faveur de l’adoption du projet de loi sur le droit à l’information auquel elle consacre nombre d’activités et d’initiatives.

Dans l’avenir, la MFWA aura comme priorités dans ses travaux au Ghana, la promotion de la participation des citoyens à la gouvernance, la réalisation d’une gouvernance transparente et responsable au niveau communal, la liberté de l’internet, et le droit à l’information.